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Pour la quarante et unième fois, veaux, vaches, cochons, couvées... se sont installés aux portes de Paris, du 28 février au 7 mars 2004 derniers. Le Salon international de l’agriculture (SIA) attire, chaque année, des centaines de milliers de visiteurs français et étrangers, mais aussi des professionnels de l’élevage et des équipements agricoles. L’édition 2004 a été placée sous le signe des "animaux, des terroirs et des hommes". Pour le monde rural français, c’est l’occasion de révéler au citadin une activité en perpétuelle évolution et indispensable à la pérennité des villes. Par Catherine Moncel, journaliste Alors que les territoires ruraux couvrent plus de 80 % de l’ensemble du territoire national, les actifs agricoles, qui englobent à la fois les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la forêt, ne représentent que 3,6 % de la population active française. Toutefois, la part de l’agriculture représente 21,9 % du chiffre d’affaires de l’industrie française, loin devant le secteur automobile ou l’aéronautique1. On comprend donc mieux les raisons qui motivent les pouvoirs publics français à promouvoir et à développer ce secteur. Car, aujourd’hui, le nombre d’agriculteurs diminue et la désertification des campagnes n’est plus une menace mais une réalité. Cette année, les pouvoirs publics – et en particulier le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales (Maapar) – ont profité de l’organisation du SIA pour lancer une vaste campagne d’information et de sensibilisation autour des métiers de l’agriculture. Comment, en effet, susciter de nouvelles vocations et permettre à des jeunes de reprendre des exploitations, tout en luttant contre une baisse de moral observée dans la profession ? En vue de redynamiser ce secteur, certaines professions ont fait l’objet d’une quarantaine de panneaux pédagogiques et de témoignages de professionnels présents sur les stands. A
côté des métiers traditionnels comme ceux d’arboriculteur,
de céréalier, de serriste ou d’ostréiculteur
(la France est le premier producteur d’huîtres en Europe),
d’autres activités se développent et nécessitent,
du même coup, de nouvelles formations. Aussi, le Maapar a-t-il
choisi de mettre en lumière des professions à l’avenir
prometteur et de présenter le cursus à suivre pour
devenir, par exemple, logisticien, responsable export, technicien
en productique dans le bois et l’ameublement, ou bien fromager,
qui, comme son nom ne l’indique pas ici, fait référence
au technicien chargé du caillage du lait. Richesses des terroirs, recherche en matière de plants et de semences, formation à de nouveaux métiers, filière pêche... autant de facettes du secteur français de l’agriculture qui ont été présentées au Salon international. Une vitrine internationale D’année en année, le SIA s’enrichit d’une palette colorée de produits, de régions et de paysages. L’édition 2004 – qui a mis à l’honneur la région Poitou-Charentes et la race bovine parthenaise – a accueilli également un stand consacré à la filière pêche et un autre dédié au cheval, à l’âne et au poney. Autre nouveauté, l’installation d’un pôle végétal pour promouvoir l’horticulture, mais aussi les biocarburants, les semences et les plants. On est bien loin du premier concours du bœuf gras, à l’origine de ce rendez-vous parisien. Lancée en 1870 par Napoléon III, à Paris, cette épreuve s’ouvre, vingt ans plus tard, aux produits du terroir et devient le concours général agricole. Il faudra cependant attendre 1963 pour voir naître, sous l’égide du général de Gaulle, le premier Salon de l’agriculture. Aujourd’hui, la renommée de cette semaine agricole dépasse largement les frontières de la France, et permet à de nombreux professionnels d’y trouver la consécration à travers plusieurs concours. Parmi les grands rendez-vous ont figuré le 11e Congrès mondial des vaches laitières holstein, qui a rassemblé les 100 meilleures prim’holstein du monde, et le Salon professionnel de l’élevage Farmexpo. Principalement orienté vers l’international, ce dernier a organisé des conférences sur l’offre française en animaux d’élevage ou, encore, sur l’avenir de l’exploitation laitière en Europe. Chaque année, les organisateurs du Salon comptent beaucoup sur la visite de délégations professionnelles étrangères pour étoffer les échanges. L’Onudi2 et l’Adepta3 servent de relais entre exposants et visiteurs français et étrangers. Ces organismes ont également été chargés d’inviter une quarantaine de délégations étrangères intéressées, notamment, par trois activités illustrant le savoir-faire français : la génétique, l’élevage et les équipements de transformation de produits alimentaires (produits laitiers par exemple). Parmi les Etats inscrits sur la liste prioritaire ont figuré, cette année, les pays d’Europe centrale et orientale et du Maghreb, le Brésil, le Mexique, la Chine et les Etats-Unis. 1.
La France est, par ailleurs, le premier pays exportateur de produits
agricoles et alimentaires de l’Union européenne, depuis
1979, et le deuxième au niveau mondial derrière les
Etats-Unis. Passerelles entre le Nord et le Sud Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté en Afrique, l’Adepta a choisi d’exporter le savoir-faire technologique français dans le secteur agricole et agroalimentaire, avec pour objectif de développer l’exportation africaine de produits alimentaires. Dans cette optique, elle a créé Aafex (Association Afrique agro-export) en 2002, qui couvre l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne. Pour prolonger cette action, l’Adepta travaille également sur la mise au point d’un fonds de solidarité prioritaire, en partenariat avec le ministère français des Affaires étrangères. Ce programme, d’une durée de trois ans, vise à faciliter les échanges et à développer la compétitivité des entreprises africaines. C.
M.
Le Cirad se penche sur les villes du Sud Parce que l’urbanisation s’effectue à toute allure dans les pays du Sud, entraînant de profonds changements des modes de vie et de la demande alimentaire, et que de nouveaux systèmes de production agricole et d’élevage se mettent en place, mais également d’autres rapports entre citadins et agriculteurs, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) a choisi d’évoquer "l’alimentation des villes du Sud" dans le cadre du SIA 2004. Ce thème transversal a permis à l’organisme scientifique, présent au Salon depuis huit ans, d’illustrer les enjeux de l’alimentation dans les pays du Sud à travers cinq villes : Hanoi (Viêtnam), Belém (Brésil), Dakar (Sénégal), Yaoundé (Cameroun) et Addis-Abeba (Ethiopie). C. M. Avec l'aimable autorisation de Label France
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